Rencontre avec Georges Khodr

" Le seul décompte digne d'intérêt est celui de l'amour, cette nourriture des cœurs qui, seule, doit rester démesurée " (Georges Khodr)

 » Le seul décompte digne d’intérêt est celui de l’amour, cette nourriture des cœurs qui, seule, doit rester démesurée  » (G. Khodr)

Les circonstances de ma rencontre avec le Métropolite, Monseigneur Georges Khodr théologien grec-orthodoxe incontournable figure historique du dialogue islamo-chrétien au Liban sont singulières (site officiel de Georges Khodr). C’est avec beaucoup d’émotion que j’y reviens aujourd’hui.

Trois mois auparavant, nous nous trouvons à la retraite des Compagnons de la communauté des sœurs de Pomeyrol.  Nous apportons le dernier mot à une présentation des deux années de notre ministère au Liban quand arrive le temps des questions. Un vieil ami de la communauté lève le doigt. De confession orthodoxe, il m’interroge : « Connaissez-vous Monseigneur Georges Khodr ? ». N’ayant pas même entendu prononcé son nom, je réponds par la négative. Ma réponse semble profondément décevoir mon interlocuteur. Je l’entends bougonner : « Il vit au Liban depuis deux ans et il ne connaît pas Georges Khodr ! » Après avoir répondu à deux autres questions, il demande à nouveau la parole : « Connaissez-vous Georges Khodr ? » Je comprends que notre ami est affecté d’un problème d’accès à la mémoire immédiate. Mon père ayant souffert de la même pathologie, je sais qu’il est important de répéter sans se lasser comme si c’était la première fois. La scène se répète quatre fois. La rencontre s’achève, plusieurs personnes nous entourent pour prolonger en aparté. Notre ami attend son tour. Il me prend gentiment par le bras et sur le ton de la confidence me souffle à l’oreille : « Cher ami, je n’ai pas voulu vous le demander en public, mais… connaissez-vous Georges Khodr ? » Je lui réponds que je n’en n’ai pas encore eu l’occasion mais lui fais la promesse de combler au plus vite cette lacune.

 

Immense honneur d'être reçu par le très vénérable Métropolite Georges Khodr

Immense honneur d’être reçu par le très vénérable Métropolite Georges Khodr

Inscris en classe de Master « Relations islamo-chrétiennes » à  l’Université jésuite Saint-Joseph, je participe à un cours intitulé: « Figures de dialogue ». Au programme : Monseigneur Georges Khodr ! Mon statut d’ecclésiastique libanais me permet d’obtenir sans peine un rendez-vous avec l’évêque. Malgré son très grand âge, 93 ans, et son immense notoriété, il me reçoit avec joie et simplicité. Un prêtre m’accompagne et prend place à ses côtés pour répéter mes questions. Il n’entend plus très bien. Nous échangeons autour de l’islam. G.K. a consacré sa vie au dialogue islamo-chrétien. Il maîtrise l’arabe classique et sa connaissance du Coran lui vaut le respect des plus grands imams du Proche-Orient. Il commente longuement l’appel à la prière, l’adhan, le fameux allahou akbar. Il m’explique que la forme comparative Dieu est (le) plus grand (akbar au lieu du simple kebir, grand), s’explique par le contexte historique dans lequel le prophète a imposé le monothéisme dans la péninsule arabique. La ka’ba, lieu de pèlerinage mecquois des tribus arabes polythéistes de la période préislamique, se présente comme un temple cubique dont la construction serait l’oeuvre d’Ibrahim (Abraham). La ka’ba abritait un panthéon de divinités (dont une icône de Marie que le prophète Muhammad refusera de détruire). Allah figure au nombre des divinités de la ka’ba. Il sera choisi par le prophète pour représenter sa foi monothéiste, comme le plus grand parmi tous les autres. Allahou akbar, signifie donc que Dieu est le plus grand dans le contexte de cette arabité préislamique, chemin cultuel encombré s’il en est, par lequel le prophète retrouve le Dieu unique des juifs et des chrétiens (« L’islam vu par un évêque orthodoxe » – mai 2008). Pour l’évêque orthodoxe, le christianisme offre un autre instrument de mesure de la grandeur divine  : « Le seul décompte digne d’intérêt est celui de l’amour, cette nourriture des cœurs qui, seule, doit rester démesurée. »

Après cette leçon d’islamologie, je m’apprête à me retirer. Le Métropolite me demande alors : « Vous habitez au Liban ou vous n’êtes que de passage ? », question à laquelle j’avais déjà répondu trois fois au cours de notre entretien… Sur la route de montagne qui me ramène chez moi, je surplombe le littoral et la ville de Beyrouth et repense à mon ami compagnon de la communauté de Pomeyrol. Il a eu bien raison d’insister ! Mais le Seigneur sait qu’avant de me mettre en marche j’ai besoin de répétition.

Culte de l’unité à l’Eglise Protestante Française de Beyrouth (17.01.16)

« Sel et Lumière du monde, comme Saint-Ephrem le Syrien »

Saint Ephrem

Saint-Ephrem le Syrien (306-373), père du désert

L’Eglise protestante française de Beyrouth, à l’occasion de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens (17.01.16), a eu la joie d’accueillir les Soeurs du Carmel Saint-Joseph de Mechref, emmenées par leur Prieure, Soeur Mariam An Nour, ainsi qu’un groupe des Focolari (fraternité catholique). Temps de communion et de fraternité chrétienne autour de la Parole qui nous exhortait avec souffle et vérité à renouer avec notre vocation : « Etre sel et lumière du monde » ; Saint-Ephrem, Père syrien du 4e siècle, portant sur son dos son frère en souffrance, nous était montré en exemple par Soeur Mariam Nour.

Magnifique temps de prière placé sous le signe de la joie et de la fraternité en Christ.

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« Lumière et sel » Photo de soeur Nathalie

Matthieu 5.13

« Vous êtes le sel de la terre. Si le sel perd sa saveur, comment redeviendra-t-il du sel ? Il ne vaut plus rien ; on le jette dehors et il est foulé aux pieds par les hommes. 14 « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une hauteur ne peut être cachée. 15 Quand on allume une lampe, ce n’est pas pour la mettre sous le boisseau, mais sur son support, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. 16 De même, que votre lumière brille aux yeux des hommes, pour qu’en voyant vos bonnes actions ils rendent gloire à votre Père qui est aux cieux. »

 

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Soeur Mariam An Nour prêchant et soeur Esther portant l’icône de Saint-Ephrem , écrite de sa main…

De Tarchich à Mechref : du pèlerinage à l’apothéose œcuménique.

Ces deux témoignages complètent l’édition précédente. Ils nous disent toute l’émotion suscitée par ces deux journées. C’est sans doute au travers de pareils moments de communion que l’Eglise du Christ se construit. May, libanaise est une ancienne de l’Eglise protestante française ; Andry est malgache, ingénieur dans une entreprise du Nord du Liban. Regards croisés…

« Tarchich de tous les défis : pèlerinage »

tarchich« Traverser ce Metn, si cher à nos cœurs… Souvenirs heureux et plaies toujours vives, apaisées par la foi en Christ, cette grâce qui projette hors de soi, pour aller vers les autres. Si heureuse enfin de monter vers « Notre-Dame de la Route », célébrer ce culte, assise sur nos bancs qui nous attendaient.

Dans cette chapelle, à 1600 mètres d’altitude, avec vue sur la montagne, j’ai eu le sentiment d’être à nouveau dans notre temple à Koraytem, sereine est rassurée : le protestantisme dans le haut Metn !

Nous rencontrons là le père Joseph Nassar (SJ), affable et accueillant, revenant de la messe à Bikfaya de Notre-Dame de la délivrance. Nouveau pèlerinage! Pendant dix-sept étés, nous allions souvent à la messe avec notre mère, c’était comme hier.

Le repas commun varié avec une « hérissée » de Toni : remarquable !

Puis, ce fut une vraie joie à regarder ces filles, travailleuses domestiques, malheureuses mais tellement heureuses de s’éclater, chantant, dansant, infatigables, priant…

Merci au père Joseph est à Toni pour leur accueil. Merci Pierre et Christine et Wendela pour avoir organisé cette journée si réussie. Merci à nos sœurs malgaches pour leur joie de vivre et à nos sympathiques Bilal et Milad nos chauffeurs, si prudents dans le brouillard. Merci mon Dieu pour toutes les joies que tu nous donnes. »

Mechref : l’apothéose œcuménique !

carmel SJ

Entre silence, parole et fête

« Accueillis dès l’arrivée des bus par les Soeurs du Carmel Saint-Joseph, le ton est donné de ce que sera pour nous tous cette journée de prière et de fête. La blancheur des bâtiments la pureté de l’air et l’abondance de la végétation dont « l’abricotier » prête à la détente (Soeur Maryam au moment des annonces nous a mis en garde contre l’arbre au milieu du jardin auquel il ne fallait pas toucher sous peine de s’empoisonner. Il venait juste d’être traité. Nous ne pensions pas si bien dire en témoignant de notre présence au paradis !) Temps propice au partage dès l’entrée dans l’église aux voûtes en pierres de taille, oeuvre d’un artisan tailleur syrien, qui a ciselé depuis les gravats de la sordide guerre de Damour cette magnifique construction à la gloire de Dieu.

C’est dans ce lieu qui pousse à la méditation qu’est célébré notre culte oecuménique, moment très fort relevé par soeur Maryam Nour, unique, en communion parfaite et indéfectible de profond recueillement et d’émotion, concrétisée par la célébration de la Sainte-cène, par les deux communautés réunies en Christ. La remise de la Bible et des trois lampes à sœur Mariam Nour pour la communauté du Carmel est un moment de grande émotion, évocateur de la fraternité et de continuité dans les relations. Le « faisons silence » du pasteur Pierre Lacoste trouve ici tout son sens. Merci pour ce moment de grâce.

Suite à un véritable festin aux multiples plats dans une ambiance festive et conviviale. Puis, place à la danse, avec initiation aux danses’malgaches avec en vedette, les sœurs du Carmel, très douées comme pour tous d’ailleurs. La présence des enfants met une note de gaieté insouciante. On fait la fête toutes générations confondues et on se sépare à contrecœur. Merci sœur Mariam Nour et les sœurs du Carmel pour votre accueil chaleureux, pour votre sens de la fraternité et de la fête. Un exemple pour toutes les communautés. Merci à notre église de nous offrir de tels moments de bonheur!  May King Hall

« Ce n’était pas des hommes et des femmes… »

Durant notre sortie à Mechref, je sentais que Dieu était en train de nous faire quelque chose et qu’il est présent parmi nous, je me sentais heureux, en paix et libre, c’était différent. J’ai eu la conviction que chacun de vous qui était là était un messager de Dieu et que Dieu avait utilisé chacun comme si c’était ses propres mains pour réaliser ces moments : surtout les sœurs carmélites : elles sont si simples, avec un si grandiose amour. Elles s’ouvrent à tous, en restant humbles, prêchant des messages d’amour qui vont au-delà de nos oreilles et de nos cœurs ; nous pensions que c’était des hommes et des femmes mais en réalité, c’était Dieu qui agissait lui-même ! Nous arrivions de nos différents milieux et cultures : malgaches, français, suisse, libanais, argentins, vietnamien, catholiques, protestants, …, mais un seul nom nous a uni: Jésus. » Andry Nirina Andriamanantena

« Juste avant le Royaume de Dieu… Mechref ! »

Si ce n’était pas le Royaume, ça y ressemblait beaucoup !

Dimanche 7 juin 2015, l’Eglise protestante française de Beyrouth partait pour sa seconde excursion de printemps. Après Tarchich (31.05 excursion à Tarchich), direction Mechref à la rencontre des sœurs du Carmel Saint-Joseph. Les kanaques de Nouvelle Calédonie disent que l’île d’Ouvéa est la dernière terre avant le paradis. A moins que ce ne soit Mechref ? Les témoignages collectés traduisent avec émotion et vérité, l’intensité de ces moments partagés.

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Culte au Carmel Saint-Joseph ! Une journée qui restera dans les mémoires

« C’est un convoi très joyeux de 80 personnes qui prit la route du Carmel Saint Joseph. Dès le portail du grand lycée, nous étions accueillis par les Sœurs nous acclamant. Nos deux communautés ont partagé un culte tourné vers la Parole :« une lampe pour éclairer nos vies ». Notre Louange commune  fût portée par le violon généreux de Lucie, la guitare de Pierre, les chants joyeux de la chorale résonnant sous les voûtes de pierres de la si belle chapelle de Mechref. A la sortie du culte, un somptueux buffet préparé par les Sœurs nous attendait, il fût introduit par un message de Sœur Mariam an Nour, disant combien il tenait au cœur de la communauté de Mechref d’accueillir nos sœurs malgaches comme des reines et de leur offrir un moment de joie et de repos. La joie a explosé au son des danses malgaches, nous entraînant tous, malgaches, français, libanais, Carmélites. La joie vraie l’accueil généreux des uns par les autres, la rencontre des différences furent pour moi autant de signes visibles de l’Amour de notre Seigneur vivant parmi nous. Merci à Sœur Mariam, Sœur Marie-Thérèse, Sœur Marina, Sœur Anne-Josée, Sœur Michelle, Sœur Esther, Sœur Nathalie et Sœur Thuc pour cette magnifique journée. Christine Lacoste.

« La fête de la louange ! »

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Le chant malgache, expression de foi et lien communautaire

« Cette journée à Mechref a été une très grande journée pour moi. Elle m’a encore permis de voir combien notre Seigneur Dieu est grand et bon. A Mada, nous avons l’habitude de faire des séances de louange et d’adoration, faire la fête dans la joie du Seigneur.  J’avoue que ça nous a manqué et cette journée de Mechref m’a donné l’occasion de revivre ces moments pour la première fois depuis notre arrivée au Liban, surtout j’ai pu partager cette joie avec vous tous. C’était merveilleux! Voir les  accueil chaleureux que les sœurs carmélites nous ont réservé, les sourires et la joie qu’on a pu lire sur chaque visage que ce soit pour les grands ou pour les petits. Voir les sœurs, pasteur et les autres essayer de suivre les pas de danse n’était-ce pas merveilleux (mechref danse)?  A chaque fois que je regarde les photos et les vidéos de cette journée, je me dis : « Merci Seigneur de nous avoir fait vivre un moment pareil ». A Dieu  seul soit la gloire ! »  Zoely Hanitra Rakotondrazafy

« Prendre de la hauteur »

« De temps en temps cela fait du bien de prendre de la hauteur vis à vis de sa propre petitesse, de son égoïsme et de notre présence dans le monde. De se faire recadrer (intelligemment). Mechref a eu ceci de grand en ce qui me concerne, me rappeler que Dieu est merveilleusement invoqué dans pleins de langues, selon une nuée de rites religieux. Quel fantastique témoignage d’espérance j’ai eu dimanche! Bien sûr l’engagement des Sœurs Carmélites à la fois dans leur mission éducative où la foi est un moteur sans faille, mais aussi notre assemblée qui concilie tant d’horizons divers autour de Dieu qu’elle en devient finalement un patchwork vivant et vibrant de son œuvre.

En rejoignant l’Église Protestante Française de Beyrouth je pensais renouer avec mes racines, ma culture, des repères dans un pays où parfois le doute est oppressant. Je l’avoue quand un psaume de la Réforme est chanté j’éprouve une sécurité retrouvée, le moment de la prédication est le moment que j’attends toute la semaine. Mais Dieu m’a donné bien plus que ce que j’attendais fort égoïstement. Il m’a donné encore plus d’incertitude en me faisant passer des journées chez nos frères en Christ catholiques latins ou orientaux et en me donnant une communauté positivement inclassable, loin de tous les clichés sur l’Église, les protestants,  la religion, la foi, l’espérance… Toute cette incertitude, je le crois, est un don pour me rappeler que mon seul confort n’est pas de ce monde, que je n’aurai de repos qu’en Dieu seul. Je rends grâce à Dieu pour ces moments de joie et de partage collectifs qui me désarçonnent du haut de mes certitudes terrestres mais qui me permettent de redécouvrir une relation nouvelle avec lui. » Pierre

« Comme un voyage en avion »

« Ah quelle journée formidable hier pour nous tous, tout le monde est gentil ! La messe est merveilleuse ! Le déjeuner est délicieux ! Les transports sont très bons, on dirait que nous allons en voyage par avion, pas par voiture, tout est génial !Merci Merci! Que le Bon Dieu nous garde et protège!  Mélissa

 « Lumière et Joie! »

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Remise de la Bible à Soeur Mariam an Nour

De cette journée  si belle, joyeuse et riche en tout ce qu’il existe de plus beau, les émotions resteront imprégnées dans nos cœurs; mais…., notre Pasteur a raison : mieux vaut vite transcrire tout ça sur papier, avant que la vie quotidienne n’entache quelques souvenirs. Alors voilà : au bout d’une allée fleurie, au milieu de pins, les sourires joyeux des Sœurs Carmélites  qui attendaient  à l’entrée de leur domaine  et accueillaient si gentiment, un par un,  les passagers des 2 bus de l’EPFB. On était déjà comme chez nous.

A l’intérieur de l’église, merveilleuse de simplicité, quelques autres moments forts sur fond musical de guitare, violon et orgue se préparaient :

L’émotion de Soeur Mariam an Nour à sa réception de la Bible (Traduction Œcuménique), la symbolique de dépôt des petites lampes faites main,  tout près de la Bible, sur l’autel,  la montée des chants par nos amis Malgaches bien au-delà du sommet  de l’église, la communion, véritable partage d’un bout de l’église à l’autre, en union complète de tous les membres de  l’EPFB avec les Sœurs Carmélites. Pour la suite, je ne saurai décrire le meilleur : le repas ? Délicieux et luxueux bien sûr! Mais,  bien meilleur encore était la joie générale, les tables animées, les danses de tous les présents et  la joyeuse union dans la danse des Sœurs Carmélites  avec chacun et chacune: la Joie de tous dans un cadre d’ailleurs ! Au moment du  départ, puisqu’ il fallait vraiment partir, cette citation me travaillait la tête: « Tout passe et tout fuit sur cette terre : profitez de chaque instant, la vie n’est qu’un moment ». (Maxalexis).  Quel moment ! MERCI ! Wendela El Kareh

« Un petit bout de paradis »

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La joie si ça ne se voit pas, ce n’est pas très différent de la mort !

« Que dire d’une journée passée dans un petit bout de paradis? Un cadre magnifique, un culte célébré dans la chapelle construite avec les ruines de maisons détruites pendant la guerre, symbole du phénix qui renaît de ses cendres! Le sourire des Soeurs était sans pareil, leur accueil, fastueux et l’ambiance, extrêmement joyeuse! Nous avons tous vibré au rythme des danses malgaches qui ont entraîné tout le monde dans une bonne humeur communicative… Quant aux enfants, ils ont eu la chance de jouer dans le sable et les jeux de la maternelle : pour eux aussi, la journée était réussie! Bref, nous avons très certainement touché un bout de paradis, tous liés par l’amour et une joie divine! » Lucie Rajah (notre violoniste)

« Dans la main du Seigneur »

« Je  m’appelle Ymelda, j’ai grandi dans l’Eglise catholique et je voulais témoigner de ce que j’ai vécu aujourd’hui à Mechref. C’est pour le Christ que je témoigne parce qu’il est notre Roi et seul digne de recevoir la louange, sans lui nous ne sommes rien. Je suis catholique et je suis aussi protestante ! Jésus m’a ouvert les yeux. il m’a dit : « Voici tes frères, voici tes soeurs, va sans crainte ». Cette unité spirituelle c’est le grand cadeau de Dieu, il a fait de nous des amis. Nous pouvons entrer les uns chez les autres et nous reconnaître comme frères et sœurs en Christ. Voilà tout mon témoignage : nous sommes unis en Christ ! Nous pouvons être et faire ensemble.

Je voudrais prier : « Merci Seigneur pour ce que tu as fait pour nous au cours de ces deux voyages. C’est toi notre route. Nous avons visité tes maisons à Tarchich et à Mechref et tu nous y attendais. Je n’ai jamais ressenti une joie aussi profonde depuis que je suis au Liban. Tu m’as ouvert les yeux : Merci Seigneur pour les soeurs et les frères réunis autour de la table de communion. Quel amour, quelle joie ! Tu nous as tenu la main, ne nous lâche plus maintenant ! AMEN! »  Ymelda

 

 « Que tous soient un ! »

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Soeurs et frère d’un même Seigneur. Un instant de grâce

« Je viens avec du retard et au nom de la Communauté du Carmel, vous remercier et remercier la Communauté Malgache pour la magnifique journée que vous nous avez offerte par votre présence chez nous. Nous avons apprécié ce temps fort de prière ensemble si bien préparé. L’introduction au début de la célébration du culte nous a profondément touchées. Nous y avons été particulièrement sensibles. Les chants, les psaumes, les lectures, l’homélie ainsi que notre communion de charité fraternelle ont été des temps forts d’œcuménisme et de rencontre authentique autour du Seigneur.Oui nous avons été convoqués ensemble au banquet préparé pour nous tous par  notre Père. Quelle émotion !

 

 

 

 

 

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Un signe qui ne trompe pas

Notre prière est que cela rejaillisse sur cette quête de communion et de réconciliation pour répondre à la prière de Jésus : « Que tous soient un comme toi Père et moi nous sommes un ». Nos cœurs sont encore remplis de cette joie qui nous est venue de ces hommes et de ces femmes, de ces visages tout  livrés à la fête. Ce temps avec ces personnes si courageuses, si ferventes, si joyeuses en dépit de toutes leurs difficultés et de leurs épreuves  a été pour nous un temps du Royaume, un temps de reconnaissance, de fraternité intense. Ces visages sont beaux, nobles, dignes, de la dignité des enfants de Dieu. Il nous a été donné de vivre une communion plénière ensemble. Merci pour tout ce que nous avons reçu d’eux et de cette journée. Merci pour votre belle et bonne présence. » Sœur Mariam an Nour

 


 

L’hospitalité divine (Fadi Daou et Nayla Tabbara)

« Ce livre m’entraîne à regarder le musulman autrement. Nayla Tabbara, la voix musulmane, m’ouvre des horizons nouveaux, vraie croyante, elle m’accueille et me reconnaît comme vraie croyante. Elle salue ce qui nous rapproche, met en exergue cet essentiel partagé : la foi abrahamique. Les auteurs m’aident à sortir de mes rails doctrinaux pour m’ouvrir à « l’hospitalité divine » : un amour sans frontières ; un accueil sans préjugés envers tous les hommes. Une question demeure cependant : « Pourquoi le Christ, Fils de Dieu, ne s’est-il pas révélé aussi aux musulmans? » Christine Lacoste

Quelques extraits :

hospitalité divine« Un complexe de supériorité face à un complexe d’infériorité, comment le dialogue [entre Orient et Occident] serait-il possible ? Dialogue de deux malades. Chacun frappé à sa manière d’une inaptitude à comprendre l’autre parce qu’il ne se comprend pas lui-même. » René Habachi  (cité par le Père Fadi Daou ; p.84)

« La mission ne naît pas d’un surplus que nous aurions à communiquer aux autres, elle naît d’un manque de l’autre sans lequel, sans la rencontre de qui je ne pourrai jamais libérer mon Magnificat » (Christian Salenson, cité par le Fadi Daou)

« Pour notre monde aujourd’hui, je tends à croire que là où les croyants se laissent accueillir mutuellement, là est Dieu. » (Fadi Daou)

« L’harmonie entre les religions n’est pas possible sans un travail interne qui crée la « spaciosité » intérieure nécessaire pour embrasser les différences »  (Nayla Tabbara)

« Les âmes humaines seraient comme des oints de la circonférence d’un cercle. En tant que telles, elles sont sœurs en l’humanité. Mais lorsqu’elles s’approfondissent dans leur quête du divin, elles entrent à l’intérieur du cercle et se retrouvent au point central. Là elles accèdent à une pleine communion, s’étant retrouvées en Dieu dès l’ici-bas. » (Ahmed Bouyerdene, cité par Nayla Tabbara)

Fadi Daou est prêtre, Professeur, coordinateur des relations interreligieuses au Patriarcat Maronite et PDG d’Adyan

Nayla Tabbara est professeur de sciences religieuses et islamiques. Directrice du département d’études interculturelles, Adyan.


 

Le livre peut être commandé en ligne sur le site de l’éditeur allemand : LIT VERLAG : http://www.lit-verlag.de/isbn/3-643-90454-6

Il est aussi disponible à Marseille, à l’Institut Catholique de la Mediterranee http://icm.catholique.fr/publications.html

Journée Mondiale de Prière 2015

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Journée Mondiale de Prière 2015 avec les femmes des Bahamas

 

La Journée Mondiale œcuménique de Prière, organisée cette année par les femmes des Bahamas a eu lieu ce vendredi 6 mars 2015 dans l’amphithéâtre de la Near East School of Theology. Comme mot d’ordre la parole de Jésus aux disciples, juste après leur avoir lavé les pieds : «Comprenez-vous ce que je vous ai fait ?» (Jean 13.1-17). 

 

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A gauche, Madame la présidente de WDP Liban ; deuxième à gauche, Doct Rima Nasrallah ; tout à fait à droite May King Hall

Une cinquantaine de personnes (dont 4 ou 5 Messieurs) étaient donc réunie autour d’une liturgie très enjouée ambiance tropicale oblige. La prédicatrice du jour, Docteur Rima Nasrallah, enseignante en théologie à la NEST, avec beaucoup d’intensité mis l’accent sur le changement de tenue vestimentaire de Jésus au moment où il s’apprête à laver les pieds de ses disciples. Inutile d’imaginer Jésus dans un tablier de serviteur, Rima Nasrallah s’en charge : elle se change devant nous et apparaît maintenant en tenue de travailleuse domestique, mode libanaise ! Soudain les Bahamas étaient loin. Nous étions invité à prendre conscience que d’immenses défis de service auprès des plus défavorisés se jouaient aujourd’hui dans notre pays. « Avons-nous compris ce que Jésus a fait ? » Si c’est le cas, le monde peut s’apprêter à de grans changements…

 

En suivant ce lien vous saurez tout sur l’esprit de cette journée et le message que les femmes des Bahamas ont voulu nous transmettret : http://epfb.net/wp-content/uploads/2015/03/WDP-message.pdf

L’hospitalité divine (Père FAdi Daou et Nayla Tabbara)

hopitalité divine« Ce livre m’entraîne à regarder le musulman autrement. Nayla Tabbara, la voix musulmane, m’ouvre des horizons nouveaux, vraie croyante, elle m’accueille et me reconnaît comme vraie croyante. Elle salue ce qui nous rapproche, met en exergue cet essentiel partagé : la foi abrahamique. Les auteurs m’aident à sortir de mes rails doctrinaux pour m’ouvrir à « l’hospitalité divine » : un amour sans frontières ; un accueil sans préjugés envers tous les hommes. Une question demeure cependant : « Pourquoi le Christ, Fils de Dieu, ne s’est-il pas révélé aussi aux musulmans? » Christine Lacoste

Quelques extraits :

« Un complexe de supériorité face à un complexe d’infériorité, comment le dialogue [entre Orient et Occident] serait-il possible ? Dialogue de deux malades. Chacun frappé à sa manière d’une inaptitude à comprendre l’autre parce qu’il ne se comprend pas lui-même. » René Habachi  (cité par le Père Fadi Daou ; p.84)

« La mission ne naît pas d’un surplus que nous aurions à communiquer aux autres, elle naît d’un manque de l’autre sans lequel, sans la rencontre de qui je ne pourrai jamais libérer mon Magnificat » (Christian Salenson, cité par le Fadi Daou)

« Pour notre monde aujourd’hui, je tends à croire que là où les croyants se laissent accueillir mutuellement, là est Dieu. » (Fadi Daou)

« L’harmonie entre les religions n’est pas possible sans un travail interne qui crée la « spaciosité » intérieure nécessaire pour embrasser les différences »  (Nayla Tabbara)

« Les âmes humaines seraient comme des oints de la circonférence d’un cercle. En tant que telles, elles sont sœurs en l’humanité. Mais lorsqu’elles s’approfondissent dans leur quête du divin, elles entrent à l’intérieur du cercle et se retrouvent au point central. Là elles accèdent à une pleine communion, s’étant retrouvées en Dieu dès l’ici-bas. » (Ahmed Bouyerdene, cité par Nayla Tabbara)

Fadi Daou est prêtre, Professeur, coordinateur des relations interreligieuses au Patriarcat Maronite et PDG d’Adyan

Nayla Tabbara est professeur de sciences religieuses et islamiques. Directrice du département d’études interculturelles, Adyan.

Une Journée Mondiale de Prière fort sympathique

L’Eglise Protestante Française de Beyrouth a participé comme chaque année à la Journée Mondiale de Prière par une célébration œcuménique en ses locaux du Collège protestant, le dimanche 9 mars.

logo JMP

Le logo des JMP

Les JMP (World Day of Prayer) trouvent leur origine en Amérique du nord au milieu du 19e siècle dans les milieux protestants presbytériens. C’est un mouvement de prière  initié par des femmes désireuses de partager leur espérance chrétienne et leur ouverture missionnaire sur le monde. Après quelques décennies entre femmes protestantes, le souci de manifester l’unité chrétienne s’est fait sentir. A partir de 1900 le mouvement prend une dimension clairement œcuménique. Depuis la fin de la première guerre mondiale jusqu’à nos jours, les JMP proposent aux femmes du monde entier, de découvrir les femmes d’un pays particulier. Plus de 170 nations participent à l’événement annuel toujours situé dans la première semaine de mars. Il faut préciser que les hommes sont les bienvenus aux célébrations !

ruisseaux

« Les ruisseaux dans le désert »
Farid Fadel, peintre Égyptien

Cette année ce fut au tour des femmes Égyptiennes de nous conduire dans une liturgie axée sur le thème : « Des ruisseaux dans le désert ».

Service particulièrement riche en émotion dans le contexte d’instabilité politique et de violence à l’encontre des chrétiens qui caractérise l’Egypte depuis deux ans.

L’Eglise protestante Française, après avoir participé dans la semaine au service organisé à la Faculté protestante de théologie, a eu le privilège et la joie d’accueillir un habitué des rendez-vous œcuméniques, en la personne du Père grec catholique, Gabriel Hachem, professeur de théologie systématique à l’université du Saint-Esprit et directeur du département Foi et Unité des Eglises du Moyen-Orient.

Hachem Lacoste

Un poignée de mains oecuménique et fraternelle entre le pasteur Lacoste et le Père Hachem

Au cours d’une homélie pleine de talent et d’inspiration, portant sur la rencontre de Jésus avec la femme Samaritaine (évangile de Jean 4), le Père Hachem nous a exhortés à la rencontre, nous appelant à laisser l’eau du Christ vivifier nos vies et nos communautés.La collecte réunie ce dimanche a été entièrement affectée, comme les années précédentes, au centre des personnes handicapées de Deir El Qamar.

Le Comité National Islamo-Chrétien pour le Dialogue

Hares

L’Emir Harès Chehab, Secrétaire Général du CNICD

Cet article a été composé à partir d’un entretien avec l’Emir Harès Chehab, Secrétaire Général du CNICD ; il est publié avec son aimable autorisation.

Naissance et composition du CNICD

Le « Comité National Islamo – Chrétien pour le Dialogue » a été formé en 1993 par une décision de tous les chefs des communautés religieuses Musulmanes et Chrétiennes du Liban lors de leur  réunion au siège du Patriarcat Maronite à Bkerké.

Ils ont procédé en même temps à la nomination de leurs représentants personnels au sein du Comité dont deux Secrétaires Généraux, toujours en fonction,

  • un chrétien, Mr. Harés Chéhab, représentant le Patriarche Maronite,
  • et un musulman, Mr. Mohammed Sammak, représentant le Grand Mufti, Sunnite,

un autre membre,

  • Mr. Jean Salmanian, professeur au collège Haigazian, représentant du Catholicos Arménien Orthodoxe est  en poste lui aussi depuis la formation du Comité.

Les autres membres, sont actuellement :

  • Dr Michel Abs, professeur à l’Université Saint Joseph, représentant le PatriarcatGrec-Orthodoxe, en remplacement de Mr. Gabriel Habib.
  • Dr. Ali Al Hassan représentant du Conseil Supérieur Chiite en remplacement de Dr. Saoud Al Maoula.
  • Mr. Abbas Al Halabi, banquier, représentant du Cheikh Akl Druze, en remplacement de Mr. Soleiman Takieddine.
  • Mr Camille Ménassa, publiciste et homme d’affaires, représentant le Patriarcat Grec – Catholique, en remplacement de Mgr. Salim Ghazal.

Les  sept membres du Comité sont tous des volontaires, indépendants du Gouvernement, mais reconnus par lui et relevant uniquement de l’autorité des chefs de leur communautés respectives.

Afin de parvenir à un équilibre de représentation, un membre Alaouite est proposé, ce qui  porterait le nombre de sièges à huit, quatre attribués aux chrétiens et quatre aux musulmans (Les Druzes étant généralement situés dans le giron de l’Islam).

Un équilibre millimétré

Il reste que toutes les composantes de la chrétienté libanaise ne sont pas représentées au sein du CNICD. Huit Eglises dites minoritaires, dont les protestants (avec l’Eglise latine (catholique romaine), les arméniens catholiques, Chaldéens, Syriaques Catholiques, Syriaques Orthodoxes, Assyriens, Coptes) n’ont pas de porte-parole au sein du CNICD.

La question d’intégrer un représentant du protestantisme, minoritaire au Liban, a été posée. Mais la recherche d’équilibre, essentielle au bon fonctionnement d’un comité de dialogue tel que le CNICD, a primé sur les questions de représentativité.

Il faut ajouter que la grande diversité chrétienne propre au Liban s’estompe dans la cadre spécifique du dialogue Islamo-Chrétien. Les différences théologiques et ecclésiales, qui nuisent par ailleurs à l’unité visible du christianisme, n’ont plus grande pertinence dans le cadre spécifique du dialogue Islamo-Chrétien. Une parole commune à tous les chrétiens, présents ou représentés, ne représente pas la plus haute difficulté à surmonter. Il revient au Secrétaire Général d’être attentif à la parole de chacun.

Un dialogue fragile et indispensable

Il serait bien difficile d’exposer un fait notoire des travaux du CNICD depuis sa fondation, en dehors du document de travail publié en 1995. Nous avons obligation de moyens mais pas de résultat !

Au-delà de sa fragmentation, le caractère minoritaire du christianisme au Liban n’est pas sans poser de grandes questions. Les chrétiens rappellent que leur légitimité sur le territoire est très ancienne, pour ne pas dire première, et que les déséquilibres démographiques actuels ne peuvent justifier une quelconque préséance communautaire. Pour le dire autrement, les chrétiens ne souhaitent pas être placés sous un protectorat musulman mais entendent bien exercer leur pleine citoyenneté,  ainsi que l’Etat de droit libanais le constitue et le garantit (Préambule de la Constitution : est illégitime tout pouvoir qui va à l’encontre du pacte de vie commune).

Tout groupe de dialogue doit prendre la mesure de ses lieux de convergences et des points qui font débat. Le rapport au pouvoir politique représente sans doute le lieu des plus grandes divergences.

Le rapport des musulmans et des chrétiens au pouvoir séculier obéit traditionnellement à des convictions de natures différentes. L’Islam, même si son insertion au monde occidental complexifie considérablement ses postures traditionnelles, ne situe pas l’exercice du pouvoir politique en dehors de ses prérogatives, au contraire de l’Eglise qui ne le revendique généralement pas.

« L’Islam est devant un double défi, celui de la modernité et celui du renouveau de la pensée islamique. Le regard et la contribution des Chrétiens d’Orient est capitale dans ce sens. Nous sommes aussi certains que quelques-uns des grands problèmes auxquels le monde fait face, intéressent tous les Hommes. Le Christianisme et l’Islam, en joignant leurs efforts dans les surfaces qui leur sont communes, pourront contribuer à la découverte de perspectives porteuses et salutaires. » (Extrait de la conférence de l’Emir Harès Chehab donnée à Saydet El-Jabal le 7 juin 1999)

La parole commune, seul remède à l’extrémisme

Face à ces questions très sensibles, la qualité de la parole apparaît indispensable. Celle-ci est habitée d’un pouvoir intrinsèque réel dont le dialogue se nourrit et quelquefois souffre. En des temps où l’excès et l’outrance apparaissent comme les seules valeurs prisées par les médias, la parole de modération a bien du mal à se faire entendre ; c’est pourtant dans cette expression-là que se trouve le chemin de notre dialogue.

« La cœxistence Islamo-Chrétienne est la raison de vivre de notre pays. Elle est notre richesse. Le Liban est porteur d’un message de convivialité et nous ferons en sorte qu’il arrive à destination porteur d’une vision pour un monde meilleur. » (Cf. Conférence op.cit.).

 

« Seigneur, apprends-moi à douter »

Cette prière de repentance a été prononcée au cours de la célébration œcuménique qui a eu lieu le 26 janvier 2014, dans le temple de l’Eglise protestante française de Beyrouth.

Seigneur, apprends-moi le doute quand je viens à confondre mes certitudes avec ta volonté, mes paroles avec ta Parole.

  • Répond : Seigneur je crois, viens au secours de mon incrédulité

Seigneur, apprends-moi le doute quand je compte sur mes forces plus que sur tes promesses.

  • Répond : Seigneur je crois, viens au secours de mon incrédulité

Seigneur, apprends-moi le doute quand j’affirme que mon Eglise détient la vérité et que les autres se trompent

  • Répond: Seigneur je crois, viens au secours de mon incrédulité

Seigneur, apprends-moi le doute quand mes conforts, mes sécurités, me rendent insensibles à la souffrance de mon prochain

  • Répond: Seigneur je crois, viens au secours de mon incrédulité

douteSeigneur apprends-moi le doute quand je réclame vengeance alors que tu me donnes ta paix. 

Seigneur, fais-moi la grâce de douter de moi pour ne plus compter que sur toi.

  • Répond: Seigneur je crois, viens au secours de mon incrédulité

Pierre Lacoste