Pasteur de l'Eglise Protestante Française de Beyrouth depuis juillet 2013

La Cène du Vendredi Saint

Certains s’étonnent qu’un service de Cène soit proposé un Vendredi saint. C’est pourtant dans la bonne tradition réformée de la semaine sainte. Comment expliquer la présence du pain et du vin dans cette célébration ?

Le pain et le vin annoncent symboliquement le message de la croix. Ils ne disent que cela ! Jésus donne sa vie pour le salut du monde ; le pain qu’il rompt représente son corps supplicié qui se donne par amour pour nous sur la croix. Le vin que nous partageons représente le sang qui a coulé sur la croix et par lequel nous entrons dans le mystère du salut.
Le texte de l’institution de la Cène commence chez Luc par ces mots : « Quand l’heure fut venue, Jésus se mit à table avec les apôtres. Il leur dit : Combien j’ai désiré prendre ce repas de la Pâque avec vous avant de souffrir ! »
Le texte de l’institution chez Paul (1 Co 11) commence par ces mots : « Le Seigneur Jésus, la nuit où il fut livré pris du pain et après avoir rendu grâce il le rompit ». La première Cène est donc totalement attachée à la passion du Christ. Paul résumera toute sa prédication dans cette seule phrase : « Je n’ai rien voulu savoir d’autre que Christ et Christ crucifié ! » (1 Co 2.2)

Quand Jésus dit « faites ceci en souvenir de moi », il demande qu’à chaque fois que nous communions, nous nous rappelions qu’il a donné sa vie pour le salut du monde. Prendre la Cène ce soir ensemble, c’est retrouver le parfum de l’origine même de ce moment. Ce corps qui est englouti dans la mort et cette communion du pain partagé annoncent l’espérance de la résurrection. On ne partage que l’espérance !

Jésus, le Chè, même combat ?

Méditation de Luc 4.14-21

Luc 4.14-21 (TOB)

14 Alors Jésus, avec la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, et sa renommée se répandit dans toute la région. 15 Il enseignait dans leurs synagogues et tous disaient sa gloire. 16 Il vint à Nazara où il avait été élevé. Il entra suivant sa coutume le jour du sabbat dans la synagogue, et il se leva pour faire la lecture. 17 On lui donna le livre du prophète Esaïe, et en le déroulant il trouva le passage où il était écrit :

18 L’Esprit du Seigneur est sur moi
parce qu’il m’a conféré l’onction
pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres.
Il m’a envoyé proclamer aux captifs la libération
et aux aveugles le retour à la vue,
renvoyer les opprimés en liberté,
19 proclamer une année d’accueil par le Seigneur.

20 Il roula le livre, le rendit au servant et s’assit ; tous dans la synagogue avaient les yeux fixés sur lui. 21 Alors il commença à leur dire : « Aujourd’hui, cette écriture est accomplie pour vous qui l’entendez. »

Jésus revient à Nazareth, la ville où il a grandi. Il revient d’un séjour dans le désert où il s’est battu contre la tentation. Et à chaque fois, que ce soit au désert ou à la synagogue, Luc précise qu’il est plein d’Esprit saint (4.1,14). Autrement dit, il lui faudra autant de force pour affronter le diable que les hommes !

Messie autoproclamé !

Le voilà qui entre maintenant dans la synagogue de son village. Il lit la prophétie d’Esaïe 61 : « L’Esprit du Seigneur est sur moi. Le Seigneur m’a choisi ; (litt. il m’a revêtu de son onction) » Jésus ajoute, une parole qui le fait passer de prophète à messie : « Aujourd’hui cette écriture est accomplie».(v.21)

Jésus s’autoproclame donc à la fois prophète et messie. Mais quelle différence avec un Juan Guaido, jeune député qui vient de s’autoproclamer président intérimaire du Venezuela ?

À chaque fois qu’un nouveau président est élu, le peuple se met à croire et à rêver d’une vie meilleure, il entre dans la ferveur messianique jusqu’à ce qu’il déchante (vite !) et se mette sur le dos un gilet jaune.

Un programme impossible

Mais quel messianisme Jésus vient-il assumer ? Prophète, il l’est comme porteur de la promesse de Dieu. Mais pour être « messie », il ne faut pas se limiter à l’annonce, il faut aussi accomplir les promesses de Dieu.

Ce qu’il annonce ici ressemble à un programme politique qui fait rêver :

  • la Bonne Nouvelle aux pauvres (est-ce la fin des injustices et de la corruption ?)
  • il proclame aux captifs la libération (est-ce la fin de l’esclavagisme ?)
  • il va rendre la vue aux aveugles (va-t-il guérir aussi le cancer ?)
  • Il promet de libérer les opprimés ! (Cette parole nécessite sans doute le renversement du régime oppresseur)
  • Proclamer une année de grâce ! Enfin le bonheur pour tous !

Même Che Gevara n’a pas osé mettre la barre de sa révolution aussi haut !

Lire la Bible, tout simplement…

Mais Jésus n’est pas un révolutionnaire au sens politique du terme. Il est un homme de Dieu. Quelqu’un qui croit simplement en la puissance et la vérité de la parole de Dieu.

Jésus se contente de puiser dans la parole des prophètes la feuille de route de sa mission de messie. Cette feuille de route se trouve écrite noir sur blanc dans la loi de Moïse. Jésus n’invente rien, il prend au sérieux les paroles de la Bible.

Il cite le prophète Esaïe chap 61 qui lui-même cite la loi de Moïse. Que dit-elle cette loi ?

La page disparue : Lévitique 25

Elle prévoyait que tous les 50 ans, à l’occasion de la grande fête du Jubilé, on devait remettre tous les comptes à zéro (pour que les enfants et les petits enfants n’aient pas à payer injustement la dette de leurs parents).

Cette fête du Jubilé prévoyait aussi la libération de tous les esclaves.

Et chose extraordinaire, la loi prévoyait une redistribution des terres à parts égales. Celui qui avait acheté la terre de son voisin devait, 50 ans plus tard, la lui rendre. Les enfants de celui qui avait fait de mauvaises affaires, hypothéquant la propriété familiale pour investir de manière hasardeuse, retrouvaient leur part originelle. En cette cinquantième année, année de grâce, on laissait enfin la terre se reposer, on ne cultivait plus. La grâce ne délaisse pas les questions écologiques !

En réalité cette fête du Jubilé n’a jamais été réellement observée en Israël, ni du temps de Jésus, ni du temps d’Esaïe, ni du temps de Moïse. Et quand on voit comment aujourd’hui les colons israéliens spolient les terres cisjordaniennes, je me dis que le chapitre 25 du livre du Lévitique a été définitivement arraché de la Torah. On n’a jamais remis à zéro les dettes, ni redistribué les terres à qui que ce soit ! On fait impunément le contraire contre toutes les règles du droit international !

Jésus, le messie-interprète

Mais il faut aussi relativiser un peu… Concrètement, cette loi du Jubilé, relative aux vieilles sociétés agraires, était devenue inapplicable.

Dès lors qu’une société diversifie ses échanges, s’ouvre à d’autres activités que l’agriculture, au commerce, à l’artisanat et aux services, on ne voit plus comment, quand bien même elle le voudrait sincèrement, elle pourrait appliquer cette remise à zéro des compteurs. Cette loi du Jubilé semble sortir d’un temps définitivement révolu.

C’est pourquoi Jésus va la reformuler, la réinterpréter. Il la libère de sa lettre pour en retrouver l’esprit et l’annoncer aux hommes comme l’avènement d’un temps nouveau immédiatement applicable.

Là où Esaïe 61 écrit : « Le Seigneur m’a choisi pour porter des bonnes nouvelles aux malheureux », Jésus reformule : Le Seigneur m’a choisi pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres. » Ce ne sont plus « des bonnes nouvelles » mais une seule que Jésus vient annoncer.

Esaïe parle de la libération des prisonniers mais Jésus ajoute qu’il vient aussi pour rendre la vue aux aveugles. La loi n’avait pas prévu cela ! Comment l’aurait-elle pu d’ailleurs ?

Dans son annonce de la Bonne Nouvelle au singulier, Jésus dépasse la loi, parce que la loi est dépassée en elle-même. Elle n’atteint pas son but ; au lieu de libérer, elle asservit.

Le salut intérieur

Jésus vient libérer d’une libération qui n’est pas politique, juridique ou sociale. Il vient guérir les maladies incurables de l’âme telles que la culpabilité, l’égocentrisme individuel ou nationaliste ; il attaque le mal à sa racine. Il s’adresse au cœur de l’homme. Le royaume de Dieu qu’il annonce n’est pas aguicheur comme une promesse de campagne ; le Royaume est là, simplement offert en Jésus. La foi désormais remplace la loi. Elle libère intérieurement. Elle se lie d’amitié avec Dieu et remplit le cœur de paix, de joie et d’espérance. Même les plus pauvres se mettent à danser, libérés de leur condition ; ils se mettent à chanter dans leur langue les merveilles de l’amour de Dieu (chorale malgache de l’Eglise protestante de Beyrouth). Et celle qui est dans le deuil, comme notre soeur Noro ce matin, relève la tête et elle croit, parce qu’elle entend que la mort n’aura pas toujours le dernier mot.

Oui, c’est maintenant le temps favorable, c’est aujourd’hui l’année de grâce sœurs et frères. Aujourd’hui cette écriture est accomplie pour nous ! AMEN !

Un nouveau Président au Supreme Council !

Vendredi 18 janvier 2019, au siège du Supreme Council (Rabieh), les Eglises protestantes de Syrie et du Liban se sont réunies en Assemblée générale pour élire leur nouveau Président.

L’Assemblée Générale au grand complet pour l’élection du nouveau président
Le Rev Salim Sahiouny,
président du Supreme Council de 1983 à 2019

Avant de céder sa place, le Président Rev. Salim Sahiouny présentait un ultime rapport moral aux accents testamentaires. Neuf mandats – dont le premier remonte à 1983, consacrés à la défense et au développement du protestantisme libanais ainsi qu’au maintien de son unité. Dix-sept Eglises de sensibilités théologiques fort diverses composent aujourd’hui le Supreme Council. « Il a fallu certains jours mettre les questions de personnes de côté » pour ne pas perdre l’intérêt général d’un protestantisme syro-libanais ultra minoritaire au Levant. Le Rev. Sahiouny a également œuvré pour renforcer l’enseignement scolaire protestant très influant au Liban. Au moment où le rez-de chaussé du nouveau siège social du Supreme Council vient d’être inauguré (12/01/19), le Président exprime sa reconnaissance pour le chemin parcouru et sa confiance en l’avenir. L’Assemblée se lève pour saluer le ministère de celui qui a « porté l’Eglise pendant trente-cinq années et su planter les semences de l’amour de Jésus. » (Extrait d’un discours préalable).


Joseph Kassab, Secrétaire général de l’Eglise synodale arabe au Liban, nouveau Président du Supreme Council

Trois candidats avaient exprimé leur souhait d’être élus à la présidence du SC, dont le Rev. Habib Badr, connu au Liban pour son œcuménisme et son ouverture théologique. Ils se désistèrent finalement les uns après les autres en faveur du Rev. Joseph Kassab, manifestant ainsi leur attachement à l’unité protestante syro-libanaise.

Nous lui adressons nos messages d’encouragement et lui souhaitons sagesse, écoute et détermination pour cette belle aventure au service de toutes les Eglises protestantes de Syrie et du Liban.

« Sauvés ! Oui, mais de quoi ? » (méditation du psaume 25)

Psaume 25 (TOB)

1 De David. SEIGNEUR, je suis tendu vers toi.

2 Mon Dieu ! En toi je me confie : que je ne sois pas couvert de honte ! Que mes ennemis n’exultent pas à mon sujet !

3 Aucun de ceux qui t’attendent n’est déçu, mais ils sont déçus, les traîtres avec leurs mains vides.

4 Fais-moi connaître tes chemins, SEIGNEUR ; enseigne-moi tes routes.

5 Fais-moi cheminer vers ta vérité et enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve. Je t’attends tous les jours.

6 SEIGNEUR, pense à la tendresse et à la fidélité que tu as montrées depuis toujours !
Ne pense plus à mes péchés de jeunesse ni à mes fautes ; pense à moi dans ta fidélité, à cause de ta bonté, SEIGNEUR.

8 Le SEIGNEUR est si bon et si droit qu’il montre le chemin aux pécheurs. Il fait cheminer les humbles vers la justice et enseigne aux humbles son chemin.

10 Toutes les routes du SEIGNEUR sont fidélité et vérité, pour ceux qui observent les clauses de son alliance.

11 Pour l’honneur de ton nom, SEIGNEUR, pardonne ma faute qui est si grande !

12 Un homme craint-il le SEIGNEUR  ? Celui-ci lui montre quel chemin choisir.
13 Il passe des nuits heureuses, et sa race possédera la terre.

14 Le SEIGNEUR se confie à ceux qui le craignent, en leur faisant connaître son alliance.

15 J’ai toujours les yeux sur le SEIGNEUR, car Il dégage mes pieds du filet.

16 Tourne-toi vers moi ; aie pitié, car je suis seul et humilié.
17 Mes angoisses m’envahissent ;  dégage-moi de mes tourments !

18 Vois ma misère et ma peine, enlève tous mes péchés !

19 Vois mes ennemis si nombreux, leur haine et leur violence.
20 Garde-moi en vie et délivre-moi ! J’ai fait de toi mon refuge, ne me déçois pas !

21 Intégrité et droiture me préservent, car je t’attends.
22 O Dieu, rachète Israël ! Délivre-le de toutes ses angoisses !


« Car tu es le Dieu qui me sauve ! », chante David (v.5). « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé ! » dira Paul à son geôlier (Actes 16.31). La question du salut est au centre du message biblique. C’est une évidence : Dieu sauve ! Oui, mais de quoi ? De la mort ? De l’angoisse, de l’injustice, de la misère matérielle ; un enfant harcelé à l’école voudra être sauvé de ceux qui lui font du mal ; pour une employée de maison maltraitée par ses patrons, le salut prendra le visage d’un employeur plus gentil. Certains espèrent être sauvés des flammes de l’enfer et d’autres d’une éternité ennuyeuse à mourir ! Sauvés ! Oui, mais de quoi ?

C’est la honte !

La première chose dont David voudrait être sauvé, c’est de la honte ! (v.2)

« Que je ne sois pas couvert de honte ». La honte, c’est un sentiment commun que nous partageons tous. Quand petits, nos parents nous corrigeaient : « Tu devrais avoir honte ? » La honte, c’est d’abord ce sentiment de malaise, d’humiliation vis-à-vis de l’image que nous avons de nous-mêmes ou que nous pensons avoir aux yeux des autres. La honte c’est l’identité brisée, c’est la perte de l’unité intérieure, conséquence d’une rupture avec un code moral, familial ou social.

Mais la honte, c’est aussi un révélateur d’existence. Nous sommes vivants et la honte nous le rappelle. Quelqu’un qui prétendrait de pas connaître ce sentiment ne serait tout simplement pas humain. Nous ne devons pas avoir honte d’avoir honte ! C’est la preuve que notre vie est au front de combats redoutables, de batailles perdues et recommencées sans cesse.

Mais la Bible établit aussi un lien entre honte et péché : Adam a honte d’être nu. Le regard de Dieu, tel qu’il se le représente, le terrifie. Il se cache. Adam est loin d’imaginer que Dieu va recouvrir sa honte de grâce (Gn 3.21) et lui offrir un avenir. David espère qu’il en sera de même pour lui : « Seigneur ne pense plus aux péchés de ma jeunesse ! »

Je crois en Dieu « l’Amnésique »

Mais quand Dieu décide de ne plus penser (le mot hébreu évoque l’oubli) aux péchés de ma jeunesse, (ni aux péchés de ma vieillesse !), alors immédiatement se dégage devant moi un nouvel horizon, un espace de liberté, un lieu de salut à partir duquel je vais pouvoir entreprendre des travaux de restauration de mon identité altérée.

Quelle que soit l’origine ou la nature de ma honte, le psaume évoque ici la force du regard divin. Ce regard diffuse sur mon existence une grâce inconditionnelle et gratuite. Il m’invite à croire en l’hospitalité divine, au pardon de Dieu, à cette parole libératrice qui nous déclare non-coupable : « Seigneur pense à la tendresse et à la fidélité » chante David dans sa prière. Il est quelquefois plus difficile de croire au pardon que de croire en Dieu.

Je suis bien meilleur accusateur de moi-même que Dieu ne l’est envers moi. Le doigt de Dieu ne montre pas mon péché, il montre la croix du Christ !

La grâce est un puissant diluant de la honte. Elle fait entrer en nous soulagement, paix et liberté et m’invite à changer de regard sur moi-même. Dieu me relève, me guérit de moi-même et restaure en moi la dignité perdue. Voilà de quoi on peut être premièrement sauvé.

Exode pour tous !

Le psaume nous indique une deuxième voie de salut,  celle des aliénations. « Il dégage mes pieds du filet » (v.15) Les prisons n’ont pas toujours des barreaux de fer. Telles nos prisons intérieures avec leur puissants verrous invisibles. Je ne nommerai pas les esclavages qui nous retiennent prisonniers, chacun connaît le sien. Mais j’entends ici une parole qui me donne de la force : « J’ai toujours les yeux sur le Seigneur » (v.15). Il n’est plus question ici du regard de Dieu sur moi, mais de mon regard sur lui, de cet acte de foi qui implore et oriente notre quête vers Dieu. Notre libération naît ainsi du croisement d’un regard implorant et d’un regard bienveillant. Le salut est au bout de cette rencontre fondatrice d’une vie nouvelle, légère et entraînante. Ce salut est recherche, attente nourrie de la parole de Dieu. Nous sommes tous en partance pour un exode, reste à savoir lequel.

Une foule de gens seuls

Sauvés de nous-mêmes et des esclavages, nous sommes enfin libérés d’un mal très moderne et très profond : celui de la solitude.

« Tourne-toi vers moi Seigneur ! Car je suis seul et humilié » (v.15).

Notre époque moderne a considérablement accéléré le processus d’isolement des gens. Les nouvelles technologies nous forment à l’ultra-communication en même temps que s’installe une ultra-solitude. La « com » c’est une illusion relationnelle. Se tourner vers l’autre, voilà de quoi Dieu se montre capable en Christ et voilà à quoi il nous appelle. L’Église n’est pas un simple hasard de l’histoire, c’est un laboratoire où nous sommes invités à inventer la fraternité pour l’offrir ensuite à tous. La fraternité n’est pas un produit de consommation ecclésial, mais universel. Christ fait l’expérience ultime de la solitude pour que nous en soyons définitivement délivrés. La solitude déshumanise, la foi au Christ vivant au contraire vivifie et nous envoie poser des signes d’amitié envers tous. La mission chrétienne ne consiste pas à dire aux gens ce qu’ils doivent croire, penser ou faire, mais à sortir de nos chemins pour aller à la rencontre de ceux que l’on ne voit plus, ceux que l’on n’entend plus – comme Christ ne s’est jamais dérobé à l’instant de la rencontre.

Voilà ce que peut signifier le salut dans le psaume 25 : nous sommes sauvés de nous-même, sauvés des pièges de l’existence et de la solitude pour devenir des êtres libres, croyants et fraternels. AMEN !

Le sermon du lendemain (Méditation Marc 12, 28-34)

Un entretien sympathique…

Marc 12, 28-34

28 Un scribe s’avança. Il les avait entendus discuter et voyait que Jésus leur avait bien répondu. Il lui demanda : « Quel est le premier de tous les commandements ? » 29 Jésus répondit : « Le premier, c’est : Ecoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur ; 30 tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force. 31 Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas d’autre commandement plus grand que ceux-là. » 32 Le scribe lui dit : « Très bien, Maître, tu as dit vrai : Il est unique et il n’y en a pas d’autre que lui, 33 et l’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, cela vaut mieux que tous les holocaustes et sacrifices. » 34 Jésus, voyant qu’il avait répondu avec sagesse, lui dit : « Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger. (TOB)


Il n’y a pas beaucoup d’entretiens entre Jésus et les religieux juifs qui finissent bien dans l’évangile de Marc. C’est le seul ! Échange paisible où les deux interlocuteurs semblent cheminer tranquillement l’un avec l’autre, l’un vers l’autre. Mais où conduit cet échange ?

Une rencontre, comment ça marche ?

D’habitude, les pharisiens arrivent en bande, en meute pour piéger et discréditer Jésus aux yeux des foules. Ce ne sont pas des rencontres mais des procès. Vous avez sans doute remarqué que dans ces contextes d’opposition, Jésus ne répond jamais aux questions. Il frappe là où ça fait mal, met en évidence les contradictions, révèle les hypocrisies. C’est d’ailleurs ce qui le conduira à la croix.

Ici, le scribe s’avance seul. Ça change tout. Quand un espace relationnel est ouvert, quand une personne s’avance à la rencontre d’une autre personne, on peut imaginer le meilleur, le champ des possibles s’ouvre. Deux personnes aux visions théologiques opposées vont se parler : Jésus, le prédicateur du renouveau spirituel, prônant le dépassement de la loi pour une vie dans l’esprit, libérée de la lettre, affranchie des systèmes religieux et le religieux juif, qui incarne le conservatisme religieux. Quand les camps s’affrontent, il y a toujours des morts. Quand deux personnes se rencontrent, même quand tout les oppose, il peut y avoir des surprises.

L’écoute première

Jésus pour une fois, se prête docilement au jeu du question-réponse. Il écoute son interlocuteur et lui répond, récitant le CREDO juif : « Écoute Israël, le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ta pensée, de toute ton âme et de toute ta force. Et tu aimeras ton prochain comme toi-même. » C’est bien toute la loi qui est résumée dans ces deux commandements. La religion n’est pas d’abord affaire d’obéissance mais d’amour. Et pour apprendre à aimer, il faut commencer par écouter.

Le CREDO juif, c’est certes l’affirmation du monothéisme mais précédé d’un petit mot qui le rend unique. Avant toute prescription légale, ce mot magique, doux et engageant résonne : « Ecoute ! ». Le message biblique ne dit pas qu’il y a quelqu’un dans l’univers qui parle, qui révèle sa volonté aux humains et qui compte bien être obéi. Le message biblique dit que ce Quelqu’un M’appelle. Le miracle biblique, c’est celui d’une voix qui brise la nuit des solitudes, d’un appel qui retentit dans le désert des relations et m’invite à la rencontre.

Le monothéisme peut nuire gravement à la santé

Plusieurs voix aujourd’hui affirment que les monothéismes ont en commun leur capacité à détruire massivement, leur intolérance violente ; que le polythéisme, ça fait moins de morts ! Il est vrai que dès l’instant où les monothéismes accèdent au pouvoir ils deviennent hégémoniques ! Le christianisme est sans doute celui qui a tué le plus avec l’islam. Alors comment expliquer cette violence monothéiste ? Simplement parce que l’on a oublié l’importance du petit mot de Deut 6 : on a cessé d’écouter ! On s’est emparé de la vérité comme d’une arme, on a saisi la lettre du commandement en négligeant l’esprit.

Écouter, c’est être en relation avant d’être en mission ; c’est faire l’expérience de la dépendance et non celle de la maîtrise. C’est le sentiment du propriétaire, le monothéisme pour soi qui est à la source de la violence religieuse. Le monothéisme en soi ne tue pas. Écouter au lieu de parler, c’est apprendre à se situer dans le monde, devant Dieu et devant les hommes. C’est donner à l’appel d’aimer, une chance de réussite. Celui qui parle avant d’écouter (ou qui écoute en réfléchissant à sa réponse) saura toujours vous dire de quoi vous avez besoin, comment vous devez vous habiller, ce que vous devez manger, qui vous devez aimer, comment vous devez croire et penser. Celui qui écoute avant de parler, accepte au contraire de partir en voyage dans un univers qui n’est pas le sien et, ce faisant, il se déplace pour devenir quelqu’un d’autre : un être capable d’un amour honnête, c’est à dire gratuit, pour Dieu et pour son prochain.

C’est précisément ce qui arrive dans cette rencontre entre Jésus et le scribe. Il y a un événement d’écoute mutuelle. On se reconnaît. On apprend à s’aimer dans ses différences. C’est tellement rare !

Le mot de trop !

Une chose a frappé mon attention. C’est la reformulation que le scribe fait de la réponse de Jésus : « Très bien Maître, tu as dit vrai. Aimer Dieu et son prochain vaut mieux que tous les sacrifices. »
Mais Jésus a-t-il parlé de sacrifice en récitant la Loi ? Non ! C’est le scribe qui introduit cette référence. A-t-il un problème avec sa pratique religieuse ? Contrairement à ce qu’il prétend, les sacrifices occupent tout son espace cultuel. Le sacrifice, les rituels, le culte, voilà ce qui fait vivre la religion, toutes les religions ! Alors que l’homme est appelé à vivre d’écoute et d’amour, de gratuité et de don, il se perd dans un commerce de donnant-donnant avec le ciel, toujours plus élaboré, plus lourd, plus culpabilisant et mortifère.

J’ai un problème…

Notre scribe a un problème qui perce en filigrane de cet entretien. Il a un problème comme j’ai un problème avec ma pratique religieuse. Alors qu’elle n’est normalement qu’une conséquence de la rencontre fondatrice avec Celui qui dit : « Ecoute ! », la pratique religieuse s’impose rapidement comme le but, le centre, le tout. Alors qu’elle aurait vocation à être au service de la vie intérieure, qu’elle devrait être en perpétuelle réforme et questionnement, la pratique religieuse se traditionnalise vite, s’enfermant dans ses petits rituels, ses habitudes qu’on finit toujours par confondre avec le sacré (tout en s’en défendant quand on est protestant !). Pour le dire autrement, avec la religion, le risque c’est de devenir de plus en plus pratiquant et de moins en moins croyant ! La pratique religieuse se suffit à elle-même parce qu’elle occupe l’espace, elle rythme la vie, elle crée des besoins, elle nous occupe et nous fatigue ; elle nous évite de penser, et surtout, elle remplace le risque de la relation vivante par le confort, la suffisance et quelquefois l’arrogance.

Aux portes du Royaume

C’est sans doute parce qu’il entrevoit ce déchirement dans la réponse du scribe, entre le désir sincère d’aimer Dieu et le poids écrasant de la tradition, que Jésus conclut cet entretien par cette parole à double sens : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu ». Ça veut dire à la fois : « tu as cheminé aujourd’hui mon ami. Tu t’es rapproché de ce royaume que j’offre au monde. Mais il te reste encore du chemin. Tu n’es pas encore dans la vie de Dieu. »
Ce que dit Jésus, c’est qu’être proche, ce n’est pas encore être là. Autrement dit, la pratique religieuse, l’obéissance à la loi, même consentie, libre et éclairée ne peut conduire qu’aux portes du salut, jamais à la paix intérieure qui naît de la rencontre avec Jésus : la foi vivante, la libération intérieure, l’espérance joyeuse, voilà quelques signes de l’entrée dans le Royaume !

Le troisième personnage…

Ceux qui écoutent cet entretien ne s’y sont pas trompés. « Personne n’osait plus l’interroger » Est-ce toi ma sœur ? Est-ce toi mon frère ? Là, silencieux, caché dans la foule ? Aurais-tu toi aussi pris la mesure de l’enjeu ? Rester silencieusement enfermé dans tes certitudes religieuses, dans la sagesse d’une religion bien pensée, bien confessée et bien pratiquée et faire la route avec ça jusqu’à ton dernier souffle ? Ou prendre le risque de questionner encore Jésus et lui demander ce qu’il faut être (et non faire!) maintenant pour avoir part au Royaume de Dieu. Et l’entendre te répondre : « Viens et suis-moi ! »

« Bartimée, Jésus et moi » (Méditation de Marc 10.46-52)

Marc 10, 46-52

46 Ils arrivent à Jéricho. Comme Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une assez grande foule, l’aveugle Bartimée, fils de Timée, était assis au bord du chemin en train de mendier. 47 Apprenant que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! » 48 Beaucoup le rabrouaient pour qu’il se taise, mais lui criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! » 49 Jésus s’arrêta et dit : « Appelez-le. » On appelle l’aveugle, on lui dit : « Confiance, lève-toi, il t’appelle. » 50 Rejetant son manteau, il se leva d’un bond et il vint vers Jésus. 51 S’adressant à lui, Jésus dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui répondit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » 52 Jésus dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt il retrouva la vue et il suivait Jésus sur le chemin.


Qu’avons-nous à faire de la guérison d’un pauvre aveugle dans un coin perdu de la Palestine, il y a plus de 20 siècles en arrière ? À moins d’être aveugles, je ne vois pas ! Certains, se croyant bien-voyants (ou se pensant bien-croyants) affirment que ces récits de miracles ont été écrits et transmis pour démontrer la puissance de Jésus, pour nous enseigner un catéchisme ayant pour finalité la confession de Jésus fils de Dieu. Je propose ici une autre lecture…

Une assemblée de malvoyants

Le récit de la guérison de l’aveugle Bartimée nous offre la possibilité de nous découvrir nous-mêmes aveugles et de nous guérir de notre cécité. La vérité, c’est que nous ne parvenons pas à orienter nos vies comme nous le voudrions. Nous faisons des choix à courte vue, guidés par l’intérêt immédiat, les besoins mal maîtrisés, par conservatisme ou au contraire par esprit rebelle, par instinct de sécurité ou sous le coup de l’émotion. Et même quand nous pensons donner de l’amour, nous nous rendons compte qu’il n’est pas toujours compris et que cet amour véhicule des éléments obscurs. Les plus honnêtes d’entre nous reconnaîtront que nous passons le plus clair de notre vie à tâtonner, sans trop savoir ce qui gouverne nos choix, même quand nous les accompagnons d’intenses prières ! Nous sommes peut-être ce matin une bande de Bartimée réunis qui, à force de ne plus rien y voir, ou de répéter des journées qui se ressemblent toutes, s’arrêtent au bord de la route, au bord de leur vie, s’enveloppent d’amertume ou de désespoir, comme Bartimée de son manteau.

Des pierres à ramasser

Le monde du récit développe une symbolique très forte. A la manière du Petit Poucet, le récit sème des indices qui vont nous conduire à des découvertes.

Un premier petit caillou à ramasser, c’est le nom du lieu où se trouve Bartimée : JÉRICHO. Dans l’histoire biblique, c’est la ville qui fait obstacle à Dieu. Vous vous souvenez des troupes de Josué tournant autour de Jéricho en jouant de la trompette jusqu’à ce que ses murailles s’effondrent ? Autant Jérusalem représente la cité de Dieu, autant Jéricho représente le territoire hostile, les forces d’opposition. Bartimée, dans la symbolique du récit, c’est l’homme qui vit loin de la présence de Dieu, replié sur son histoire de mendiant aveugle, livré à son handicap, incapable de s’ouvrir à l’appel de Dieu.

Une autre petite pierre sur notre chemin de lecture, c’est le nom de BARTIMÉE. C’est un nom un peu obscur. Bar en araméen cela veut dire fils. Timè est la transcription grecque d’un mot araméen time’ay qui signifie « impur ». « Fils de l’impur » ? C’est peut-être un surnom car qui donnerait à son fils un nom pareil ? Un surnom pour dire symboliquement que Bartimée est celui qui est séparé de Dieu, séparé du pur. Car symboliquement, selon la loi juive, maladie signifie impureté.

Mais le mot timè en grec a un tout autre sens. Il veut dire « honneur, respect ». Bartimée signifierait cette fois en grec « fils de l’honoré », « fils du respectable ». Comment en est-il arrivé là, mendiant, exclu ? Il n’est pas toujours facile d’être le fils d’un grand homme. Certains enfants ne parviennent pas à se construire dans les valeurs  trop écrasantes de leurs parents et choisissent de marcher dans la direction opposée.

Bref, dans un cas comme dans l’autre, Bartimée le grec ou Bartimée l’araméen, c’est celui qui prend le contre-pied des valeurs de foi, celui qui a perdu le chemin de la vie, qui fait obstacle à Dieu.

Et puis il a ce geste important dans le récit. Vous avez vu ce que fait Bartimée quand il part à la rencontre de Jésus ? IL JETTE SON MANTEAU ! Le manteau dans la Bible, c’est le symbole des apparences trompeuses. Il représente l’image extérieure, celle que vous voulez donner aux gens. Bartimée est un mal voyant qui vit en trompe l’œil !

Dans son enseignement, Jésus utilise souvent l’image du manteau (imatiov). Il dit qu’il faudra, le moment venu, « vendre son manteau pour acheter une épée » (Luc 22.36). Ce n’est pas un appel aux croisades ! Jésus évoque ici le combat spirituel intérieur qu’il faudra mener contre le mal. Pour cela il faudra se dépouiller de tout ce qui n’est pas utile au combat, revenir à l’essentiel. Cet essentiel, c’est l’épée de la parole de Dieu qui sépare en nous entre le pur et l’impur.

À la fin des temps, Jésus prévient encore : « Que celui qui est au champ ne passe pas chez lui pour prendre son manteau. » (Mat 24.18).

Le manteau qu’on vend ou qu’on jette, représente ainsi l’idée de dépouillement, de légèreté, disons de consécration au service de l’annonce du nouveau monde qui vient.

Et quand on enlèvera à Jésus ce manteau pourpre ridicule dont on l’avait affublé, ce sera pour lui le moment d’accomplir l’ultime combat, aller jusqu’au bout du don de soi par amour pour ce monde.

Comme la ville de Jéricho est un obstacle sur la route de Jérusalem, ainsi le manteau est le symbole de ce qui nous sépare de Dieu et nous empêche de vivre la vocation chrétienne.  Bartimée est aveugle parce qu’il a perdu de vue le chemin de la vie.

Quand le cri et l’appel se rencontrent

Mais Bartimée va sortir de cette impasse. Le récit s’accélère soudain : il jette son manteau, se lève d’un bond, il vient à la rencontre de Jésus et lui parle. Tout cela est raconté en une seule phrase (v.50).

Le verbe « se lever » n’est jamais employé par hasard dans le NT. C’est le verbe de la résurrection de Jésus. Se lever, c’est choisir la vie !

Avant de ressusciter, Bartimée est passé par un chemin aux étapes très marquées. Premièrement, il avait entendu parler de Jésus (v.47). Certains l’avait informé du passage de Jésus à Jéricho et nécessairement de sa réputation. C’est le travail du catéchisme et de l’annonce générale de l’évangile. Sans cette transmission-annonce, Bartimée serait resté assis au bord de sa route, enveloppé dans son manteau d’indifférence. Il faut raconter l’évangile aux jeunes et aux enfants ; sans cette connaissance, ils ne pourront pas se lever le moment venu !

Mais ce n’est pas tout ! Il faut se mettre en mouvement, sortir de sa léthargie spirituelle, quitter le lieu confortable des certitudes (même celles que nous a enseignées le catéchisme !) et aller voir par soi-même : rien ne remplacera l’expérience personnelle et fondatrice de la conversion. Il faut se lever, jeter le manteau de sa vie passée et aller au contact !

Comment ça marche la conversion ?

A vrai dire, je n’en sais rien. Il n’y a pas de recette magique. toute rencontre est personnelle et unique, chacun la vit à sa manière. Mais il y a deux passages obligés.

Il faut premièrement crier vers Dieu, lui dire notre besoin de pardon, de présence, de paix intérieure. C’est une traversée existentielle et mystique part laquelle nous prenons conscience de notre finitude radicale et de notre besoin d’une présence aimante et secourable. « Fils de David, aie pitié de moi ! » (v.48).

Sans ce cri, sans cet appel initial qui se tend du plus profond de nous-même vers Dieu, témoignant du vide de notre existence, il n’y a pas de résurrection, pas de rencontre, pas de salut.

Il faut ensuite que Jésus appelle. Le verset 49 insiste sur cette dimension : « Jésus s’arrêta et dit : ‘appelez-le’. On appelle l’aveugle. On lui dit : ‘confiance, lève-toi, il t’appelle ». Nous sommes rencontrés par Jésus. Sans son appel, notre cri se perd dans la nuit. Il reste une émotion fugace, une crise spirituelle passagère, un vague élan religieux, mais il ne débouche pas sur la rencontre fondatrice. On ne se convertit pas soi-même. On est appelé, on vient et on reçoit ! Quand on se noie, il ne suffit pas d’appeler au secours, il faut aussi entendre l’appel du sauveteur et saisir la main qu’il tend vers nous !

Bartimée, c’est nous ! L’homme perdu et retrouvé, l’aveugle dont le regard est maintenant éclairé de la présence lumineuse du rabounni et orienté sur un nouveau chemin de rencontre. Il s’élance maintenant à la suite de Jésus. Laissons-là nos Jérichos sans issues, nos manteaux cache-misère et levons-nous pour saisir l’appel de la vie !

L’année prochaine à Jérusalem ?

A table ! (Méditation d’Ézéchiel 3.1-4)

Apocalypse 10 : 1, 8-11(TOB)

1 Et je vis un autre ange puissant qui descendait du ciel.
Il était vêtu d’une nuée, une gloire nimbait son front,
son visage était comme le soleil, et ses pieds comme des colonnes de feu.

8 Et la voix que j’avais entendue venant du ciel me parla de nouveau et dit :
Va, prends le livre ouvert dans la main de l’ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre.
9 Je m’avançai vers l’ange et le priai de me donner le petit livre.
Il me dit : Prends et mange-le. Il sera amer à tes entrailles,
mais dans ta bouche il aura la douceur du miel.
10 Je pris le petit livre de la main de l’ange et le mangeai.
Dans ma bouche il avait la douceur du miel,
mais quand je l’eus mangé, mes entrailles en devinrent amères.
11 Et l’on me dit :
Il te faut à nouveau prophétiser sur des peuples, des nations, des langues et des rois en grand nombre.

Jean 6 : 50-58

51 Le pain vivant qui est descendu du ciel, c’est moi. Celui qui mange de ce pain vivra pour toujours. Et le pain que je donnerai, c’est mon corps, je le donne pour la vie du monde.

55 Mon corps est une vraie nourriture et mon sang est une vraie boisson. 56 Si quelqu’un mange mon corps et boit mon sang, il vit en moi, et moi je vis en lui.

Ézéchiel 2.1-2, 9-10, 3. 1-4, 14

La voix (de Shaddaï) me dit : Fils d’homme, tiens-toi sur tes pieds, et je te parlerai. Dès qu’il m’eut adressé ces mots, l’Esprit entra en moi et me fit tenir sur mes pieds ; et j’écoutai celui qui me parlait…
Je regardai, et voici qu’une main était tendue vers moi, tenant un livre en rouleau. Il le déploya devant moi : il était écrit en dedans et en dehors. Il y était écrit : Lamentations, plaintes, gémissements.

Il me dit : Fils d’homme, mange ce que tu trouves, mange ce rouleau et va parler à la maison d’Israël ! J’ouvris la bouche, et il me fit manger ce rouleau. Il me dit : Fils d’homme, nourris ton ventre et remplis tes entrailles de ce rouleau que je te donne ! Je (le) mangeai, et il fut dans ma bouche doux comme du miel. Il me dit : Fils d’homme, va vers la maison d’Israël, et tu leur diras mes paroles !
14 Alors l’Esprit me souleva et m’emporta ; j’allai, amer et l’esprit irrité ; la main du SEIGNEUR était sur moi, très dure.


S’il est une réalité commune à tous les protestants, c’est la place centrale reconnue à la Bible. Quels que soient ses courants théologiques, des plus évangéliques aux plus libéraux, il est entendu que la Bible seule fait autorité pour la foi. Même s’il est vrai que les protestants ne lisent plus beaucoup la Bible, elle reste leur ultime référence. Alors comment reprendre le chemin de la lecture de la Bible si par mégarde vous l’avez perdu ? La réponse est simple : suivre le prophète Ézéchiel et l’apôtre Jean : Il faut manger la Bible !

La théo-phagie des religions

C’est une image ! Il ne s’agit pas d’ingurgiter des pages de la bible comme certaines croyances musulmanes le préconise avec le Coran. Comme le rite de la Roqia qui consiste à réciter une sourate sur un verre d’eau tout en postillonnant. Ce « soufflet d’eau au Coran » devient alors pur breuvage qui protège des démons et guérit les maladies. Une variante de la pratique consiste à faire tremper un verset du coran dans l’eau et boire ensuite l’eau qui contient l’encre du verset. On trouve des superstitions équivalentes dans le christianisme avec l’eau bénite de Lourdes, ou même dans la théologie catholique du sacrement de l’eucharistie et sa croyance en la transsubstantiation du pain et du vin en vraie chair et vrai sang.

En mangeant le rouleau que lui tend Dieu, le prophète Ézéchiel est appelé à une autre expérience. Manger le rouleau évoque un message symbolique simple : premièrement la parole de Dieu doit entrer en nous, devenir une composante de notre vie intérieure. Cette parole une fois entrée, va nourrir et orienter notre vie en harmonie avec le désir divin.

Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es…

C’est ce qui se passe dans notre vie biologique. Notre corps ressemble à ce que nous mangeons. Un paysan des hauts plateaux à Madagascar sera sec et vigoureux. Il mange ce qu’il cultive et élève. De l’autre côté du monde, 40 % de la population américaine est obèse. C’est le résultat d’une alimentation saturée en sucre et en graisse.
Dans le premier Testament l’interdit alimentaire est tout à fait central. On doit faire très attention à ce qu’on met dans sa bouche. Si le porc est considéré comme une viande impure c’est parce qu’il se nourrit d’ordures et de tout ce qui traîne. Dans la pensée juive, nous sommes ce que nous mangeons !

Logophage !

Dans la prédication de Jésus, la nourriture va devenir le symbole de la vie spirituelle. Le pain est une image de la parole. Jésus lui-même se compare à une nourriture : « Prenez, mangez, ceci est mon corps » ou encore : « Mon corps est une vraie nourriture et mon sang un vrai breuvage ». Il est évident que Jésus ne nous appelle pas à devenir des anthropophages mais à accueillir spirituellement sa présence, sa parole et sa vie au cœur de notre existence.
Le principe biblique de ne rien manger d’impur est toujours valable, mais il est spiritualisé : «Nous devenons ce que notre esprit devient selon la nourriture qu’il consomme ». Et la source la plus importante de nourriture spirituelle, c’est la lecture, l’écoute de la parole de Dieu. Un chrétien qui lit peu ou écoute peu la Bible aura une vie spirituelle carencée.

Comme pour le corps humain, moins on mange et moins on a faim. Moins on lit, moins on a envie de lire et plus on se dessèche spirituellement. Mais on aurait tort de croire que c’est la quantité de lecture qui va faire la richesse de notre vie spirituelle. Je me souviens, tout jeune chrétien, j’avais voulu lire la Bible de la Genèse à l’Apocalypse. Mais au bout de 15 ou 20 chapitres, j’ai fait une indigestion. Et le résultat fut inverse, je n’avais plus envie de lire.

« Tolle lege! Tolle lege! » (Prends et lis, prends et lis !) – Confessions de Saint-Augustin

Il faut donc lire la Bible avec intelligence et liberté plus qu’avec passion. Certains passages sont plus nourrissants que d’autres, il faut les déguster doucement. D’autres sont d’un moindre intérêt, il faut passer vite dessus. D’autres sont compliqués, il faut les remettre à plus tard. Après la lecture d’un texte biblique riche et lumineux, on peut ressentir un besoin de silence, de digestion. Il est bon alors de s’arrêter de lire pour méditer, penser, prier et laisser cette parole agir en nous. Il est bon aussi de trouver rapidement le chemin du retour à la lecture. Prends et lis !

Un petit goût aigre-doux

Une chose m’étonne dans l’expérience du prophète : le message à manger est à double effet. Dans un premier temps il est doux comme un bonbon.

Le seul fait d’entendre Dieu rompre le silence est un moment de bonheur. Nous ne sommes plus seuls. C’est une source de joie profonde. Quand Dieu rompt le silence, tout devient possible dans nos vies. Au contraire, rester seul avec soi-même, se nourrir et se conforter de ses propres convictions dans un monologue pervers et immuable, c’est la voie de la perdition! Faire au contraire l’expérience de l’altérité comme Ézéchiel, c’est prendre le risque de casser le cercle des certitudes pour entrer dans l’inconnu de Dieu. Face à Ézéchiel, il y a quelqu’un dont le regard, le message, les questions viennent perturber l’existence, lui donner une orientation inconnue, une amplitude nouvelle. Dans l’écoute de la parole de Dieu, je me sens exister autrement. Je me découvre soudain être libre, crédité d’une richesse incomparable, pris de vertige devant l’immensité du monde qui s’ouvre devant moi !

Le deuxième effet est celui de l’amertume. Le message à annoncer est dur. Il dit la vérité. Il ne raconte pas des histoires pour faire plaisir. C’est le risque de la fréquentation des Écritures. L’entrée de ce message en nous a une force d’interpellation puissante. La parole renverse l’ordre établi, met le doigt où ça fait mal. Elle nous appelle sans cesse à combattre  tout ce qui  sert la mort, l’égoïsme, la vanité, la peur. Ainsi, à chaque pas vers la vie, il faut que quelque chose meure en nous. Ce « quelque chose » nous y tenons beaucoup. Cela touche à notre équilibre. L’abandon de soi, est un accouchement douloureux *, un arrachement. Il ne se fait jamais sans amertume.

Mais le goût du miel revient toujours. La parole n’est pas un instrument de torture mais de libération ! Elle est source de vie, de paix, de joie profonde. Tout cela pour dire, sœurs et frères, qu’il faut nous remettre à lire la Bible. Oui, qu’elle redevienne notre compagne de route. Elle est vraie nourriture et vrai breuvage. Un peu de discipline ne gâchera rien. Cela se fera au détriment de certains autres engagements moins nourrissants et qu’il faudra sans doute laisser mourir ! Amen !

L’Eglise protestante française de Beyrouth et la FINUL, une amitié ancienne.

Le dimanche 7 octobre 2018, en son jardin de la rue de Damas, l’Eglise protestante française de Beyrouth a accueilli une délégation des forces françaises de la FINUL (Forces Intérimaires des Nations Unies au Liban) pour célébrer le culte. 17 militaires accompagnés de leur aumônier protestant, le pasteur kim Goërtz, dont c’était le deuxième séjour au Liban, firent le voyage de Deir Kifa (Liban sud) à Beyrouth. Le culte se prolongea par un repas avec le Conseil presbytéral offert par nos amis militaires. Cette visite donna l’occasion au pasteur Goërtz de remettre à l’Eglise un stock de matériel scolaire à destination des enfants de l’Association Amel.

Image associée

La fameuse ligne bleue matérialisant la zone tampon entre Israël et le Liban

 

C’est une tradition ancienne : tous les 4 mois, les aumôniers militaires rendent visite à l’Eglise protestante française de Beyrouth, parfois accompagnés de leur chef d’Etat Major ou des aumôniers catholique et musulman. Il arrive aussi que le pasteur de l’EPFB se rendent à Naqoura ou à Deir kifa visite.

Bien que définie comme force « intérimaire », La FINUL est présente au sud Liban depuis 40 ans ! Sa mission, fixée par les Nations unies en 1978, met en place avec l’aide de l’armée libanaise une force tampon entre le Liban et Israël. Elle travaille au maintien de la paix entre les deux pays.

Délicate mission que celle de travailler à réduire ainsi les risques d’embrasement. La prière d’intercession de fin de culte n’a pas manqué de remettre ces soldats français entre les mains de Dieu. Une belle rencontre.

Résultat de recherche d'images pour "liban daman" Tous les 4 mois, la force française dite « Daman » effectue la relève de ses 800 personnels.

 

De quel bois te chauffes-tu ? (Méditation de Jacques 2.18-26)

Le sermon du lendemain

Lundi 17 septembre 2018

 

Épître de Jacques, chapitre 2 versets 14- 26

14 Mes frères, à quoi bon dire qu’on a la foi, si l’on n’a pas les œuvres ? Cette foi peut-elle sauver ? 15 Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, 16 et que l’un d’entre vous leur dise : Allez en paix, chauffez-vous et rassasiez-vous ! sans leur donner ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ? 17 Il en est ainsi de la foi : si elle n’a pas d’œuvres, elle est morte en elle-même. 18 Mais quelqu’un dira : Toi, tu as la foi ; et moi, j’ai les œuvres. Montre-moi ta foi sans les œuvres, et moi, par mes œuvres, je te montrerai ma foi. 19 Tu crois qu’il y a un seul Dieu, tu fais bien ; les démons le croient aussi et ils tremblent. […]

20 Mais veux-tu comprendre, homme vain, que la foi sans les œuvres est stérile (litt. la foi est morte en elle-même) ?

26 Comme le corps sans esprit est mort, de même la foi sans les œuvres est morte. (TOB)


« La foi sans les œuvres est morte ». Cette petite phrase de l’apôtre Jacques a fait couler beaucoup d’encre dans l’histoire de la théologie chrétienne et protestante en particulier. Elle est à l’origine de rudes combats au 16e siècle en Europe autour de la question du salut. Sommes-nous sauvés par la foi ou par les œuvres ? Faut-il croire Paul ou Jacques ?

L’épître de paille !

Le réformateur Luther qui redécouvrit la doctrine de la justification par la foi, si chère à l’apôtre Paul, aura pour l’épître de Jacques ce jugement aussi célèbre que sévère : « c’est une épître de paille ! » Pour Luther, l’épître de Jacques accorde trop d’importance aux actions humaine. Au contraire martèlera Luther, les bonnes actions ne servent à rien pour le salut ! Dieu ne tient compte que du don gratuit du Christ pour justifier et sauver le monde. La justice de Dieu, c’est le Christ ! Celui qui croit en Lui est justifié, sauvé !

Les abus de l’Eglise que Luther a combattus explique sans doute en grande part la dureté de ses paroles contre cette lettre de Jacques. La vente des indulgences, (ces certificats vendus par l’Église pour vous ouvrir les portes du paradis) représentait un scandale théologique. Ceci explique peut-être cela…

Qui fait quoi ?

Pour Luther les œuvres sont importantes et même nécessaires mais elles ne sauvent pas. Pour le dire autrement, les « bonnes œuvres » du chrétien sont des actions dont la source ne se trouve pas dans le cœur du croyant mais dans la seule parole de Dieu ; elle seule agit dans le cœur du croyant. Autrement dit si Julia, Damien, Nicole ou May (prénoms de mes paroissiens libanais !) sont de bons chrétiens, ce n’est pas à cause des bonnes dispositions de leur cœur, de leur bonne nature humaine ou de leur belle éducation, mais à cause du travail que le Saint-Esprit ne cesse de réaliser dans leur vie. Les bonnes œuvres, c’est donc l’action de la parole de Dieu en nous.

La musique et le sens des mots

Foi, œuvres… A ces mots, des repères forts émergent des profondeurs de notre éducation protestante et biblique. Nous aident-ils vraiment ? Pour bien comprendre cette opposition FOI/OEUVRES chez Jacques (qui n’a pas la même signification que chez Luther), il faut premièrement s’entendre sur les définitions : qu’est-ce que la foi et qu’est-ce que les œuvres pour Jacques ?

Jacques, fils de Zébédée

Jacques est l’un des 12 disciples de Jésus. Il est l’un des piliers de l’Église de Jérusalem. Sa foi est celle d’un juif pieux, profondément attaché à la Loi de Moïse. Mais sa foi traditionnelle a été bousculée par sa rencontre avec Jésus. Sa prédication et sa vie ne font qu’un. La Loi, si elle reste bonne, juste et incontournable, la Loi n’est plus la seule loi de sa vie, la seule source de son salut. La rencontre avec le Ressuscité a transformé sa personne et sa relation avec Dieu, sa vision du monde et de lui-même. Il est devenu croyant-autrement tout en restant profondément ce qu’il est.

La foi, donc, pour Jacques, ce n’est plus une obéissance servile à la lettre d’une Loi qui dresse la liste des choses à faire et à ne pas faire. La foi pour Jacques ce n’est plus une croyance ou une affirmation sur Dieu comme : « Dieu existe » (ou comme le disait joliment Voltaire : « L’univers m’embarrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n’ait point d’horloger. »)

Faites le test !

La foi pour Jacques, ce n’est plus seulement affirmer avec les juifs, les musulmans et les chrétiens que « Dieu est un ». La foi ne peut pas être toute contenue ou dite dans une déclaration, une confession. La foi, pour Jacques n’est pas une croyance à croire mais une énergie vitale qui naît d’une relation vivante à Dieu et au Christ !

Il ne faut donc pas confondre « la foi à croire » et la « foi qui croit ». Il ne faut pas confondre la foi qui récite un catéchisme et la foi qui vit et témoigne de la présence du Dieu vivant ! Quand cette foi-là agit, elle soulève des montagnes ! Je ne dis pas que la foi-confession est stérile. Je dis seulement que la seconde, la foi existentielle est le véritable test de notre attachement à Dieu.

Pour le dire autrement, il est plus facile de réciter des prières et des confessions de foi que d’aimer son prochain. On trouvera toujours quelqu’un dans l’Église pour nous rappeler ce que la vérité biblique affirme et ce qu’il faut croire pour être un chrétien orthodoxe. Mais on ne trouvera pas toujours sur sa route un chrétien pour vous tendre une main secourable.

Pauvre de toi !

Pire, nous dit Jacques ! Il arrivera même qu’en implorant le secours parce qu’il a faim, parce qu’il ne sait plus où aller, parce qu’il est réfugié syrien sans espoir, un homme, une femme, une famille entière sur cette terre s’entendra dire : « Aie foi en Dieu mon frère, ma sœur et tu surmonteras cette épreuve passagère ! Va en paix, crois seulement ! »

Ce que nous dit Jacques, c’est qu’une parole comme celle-là n’a que l’apparence de la spiritualité. En réalité, elle est vide et celui qui la prononce est un profanateur de la vérité et un usurpateur de la foi !

« Pauvre de toi, dit Jacques, (v.20) si tu te contentes de beaux discours sur l’amour, la paix et la justice et que tu n’es pas capable d’aimer, de lutter contre les discriminations, contre les injustice, de diffuser la paix autour de toi, ce n’est pas la foi que tu portes, c’est la mort !

La foi en question…

Cette foi est morte « en elle-même », dit précisément le texte. Mais on peut traduire ce « en elle-même », aussi bien par « pour elle-même » ou « selon elle-même » ou encore « contre elle-même » : l’idée ici est qu’une foi qui se regarde le nombril, qui se concentre sur sa rectitude doctrinale, sa conformité biblique et qui se coupe des réalités de la vie et des souffrances humaines, cette foi s’autodétruit de l’intérieur ! Voilà l’avertissement de Jacques ; ce que j’en ai compris du moins…

Prenons garde de ne pas enfermer notre christianisme dans une confessionnalité, une orthodoxie d’énoncés ou un système ecclésial, mais restons attentif à l’appel du Christ qui retentit à chaque coin de rue.

Et n’oublions jamais que lorsque le Christ nous dit : « Va en paix, réchauffe-toi et rassasie-toi!», il fait la route avec nous jusqu’au centre d’accueil et il paie la note ; il la paie au prix de sa propre vie !

Puissions-nous vivre de cette vie, nous chauffer de ce bois sur lequel le Christ a tout donné. Puissions-nous réconcilier chez nous le croire et faire, le confesser et l’agir au nom du Christ. AMEN !