Réfugiés de la prière

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Le temps des méditations est revenu et avec lui le plaisir de vous retrouver. Pour commencer, une prière un peu désespérée, actualité oblige...

Le rythme "bi-hebdomadaire", pompeusement affiché au départ, n'est plus tenu depuis longtemps et je ne serai sans doute pas capable cette année de m'astreindre à un rythme hebdo. Je ferai pour le mieux, sachant que ce rendez-vous avec le texte biblique m'est aussi indispensable que l'air que je respire. Je ne resterai donc pas trop longtemps en apnée ! Vous savoir là tout près dans cette respiration, me donne de la force. Dieu vous donne, dans le silence de cette parole partagée, la joie et la paix. Pierre.

(lisez jusqu'en bas, il y a du texte sous les photos !)

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Étrange régime que celui de la misère. Il écrase toutes les différences, homme-femme, jeune-vieux, animal-humain… Dans la rue tout le monde finit par se ressembler.

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Seigneur Dieu, notre Père

Parce que te prier est le seul aveu d’impuissance qui ne nous remplisse pas de honte, nous nous faisons auprès de Toi et aux côtés des réfugiés syriens, réfugiés de la prière.

Parce que la prière, dans son renoncement même à dominer, représente l’arme la plus puissante jamais mise à notre disposition, nous nous en saisissons de toutes nos forces, de toute notre foi et te prions pour la Syrie.

Nous te prions pour ces centaines de milliers de familles déplacées, chrétiennes et musulmanes, abandonnées de tous, victimes de l’aveuglement et de la brutalité des forces en conflit.

Nous te prions pour elles parce qu’elles n’ont plus que Toi.

Pour ces enfants de Damas, d’Homs ou d’Alep qui n’auront ni rentrée, ni sorties scolaires cette année, nous te prions. Mendiants pour la survie des leurs, petits chats errants aux coins des rues de Beyrouth, ils disent sans prononcer un mot que le monde est devenu fou. Seigneur, toi qui as laissé venir à toi les enfants, n’abandonne pas ceux-ci !

Derrière elle, il y a la Syrie et devant, c'est nulle part... (Beyrouth - 2014)

Pour ces femmes désespérées, figures d’un Proche-Orient au bord du gouffre, nous te prions. Tu les vois, Seigneur, déposer leurs enfants pour tendre les mains, telle leur sœur de jadis, la syrienne de Saïda, appelant Jésus au secours de son enfant malade (Mat 15.21).

Tu n’as jamais laissé sans réponse ceux qui  invoquaient ton nom. Seigneur, nous implorons ton secours pour ces mères syriennes.

Alors qu’à l’échelle internationale des décisions susceptibles d’infléchir le cours de l’histoire du Proche-Orient sont en cours, nous te prions pour les hauts responsables des nations d’Orient et d’occident. Pour que le soupçon laisse place peu à peu à la confiance, l’écoute mutuelle aux revendications unilatérales et identitaires, l’esprit de paix et de fraternité aux paroles menaçantes et blessantes.

Seigneur, suscite des hommes de paix plus préoccupés de l’avenir de leur peuple que de leur carrière politique. Nous t’en prions, retient le bras de ceux qui, par ignorance ou par haine ont le pouvoir de faire le mal. Bénis les élus(es) des villes d’Europe qui s’apprêtent à accueillir des familles de réfugiés.

Comme un fruit de ta grâce et de ton amour, nous ne parvenons pas à désespérer totalement de notre humanité. Comment le pourrions-nous ? Tu as su en Jésus-Christ ton Fils, notre Seigneur, y révéler ta propre espérance, ton amour indéfectible pour chacun de nous.

Nous t’en prions, Seigneur, viens au secours de la Syrie !